La formation Recherche emploi Sodie de Charleroi : c’est parti !

Voilà !  Ils sont 12 !  Douze à s’être engagés dans un parcours vers l’emploi.

Ils s’appellent Agnesa, Teberlar, Sabine, Aysenur, Leila, Dominique, Enza, Annie, Emine, Samuel, Ikram et Frédéric.

Ils sont d’âges et d’horizons différents, mais partagent la même envie : trouver le travail qui correspond à leurs désirs, à leurs besoins, à leur personnalité.

La première matinée a été pimentée par un invité très attendu : Monsieur Frank Mandiau, du Services des Relations Partenariales du Forem.  Il est venu expliquer aux stagiaires ce que le Forem attend d’eux mais aussi les avantages qui leurs sont proposés en tant que participants d’une formation en recherche d’emploi.  En deux mots, leurs droits et leurs obligations…

Comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous, il fait cela avec beaucoup d’humour, de conviction et fait passer avec des mots très simples un message extrêmement positif.  Merci Frank pour ce démarrage sur les chapeaux de roues !

J’ai passé le reste de la matinée à rappeler aux participants les modalités pratiques de la formation, les spécificités du stage, et essayé d’en savoir plus sur leurs attentes.

2e jour

Aujourd’hui, ce sont les participants qui bossent.  Le formateur se contente de donner des consignes et de prendre des photos (je simplifie un peu…).

On va faire connaissance et explorer un peu les centres d’intérêt du groupe.

Premier exercice : les participants se rassemblent en groupes de 3 ou 4 et doivent se trouver 10 points en commun en moins de 5 minutes (j’annonce 3 minutes, pour mettre un peu de pression : ça booste la créativité !).

Les consignes sont : on peut parler de tout sauf

  • des traits physiques,
  • des vêtements (trop facile)
  • de la profession
  • du chômage

A la fin de cette première activité, je leur demande de préparer une mise en commun pour le grand groupe.  Nouvelle consigne : ne pas utiliser de mots, de lettres, ni de chiffres.

Stupeur !

Comment communiquer dix points communs sans lettre, ni chiffres ?

On peut dessiner, mimer, chanter (sans paroles), imiter le bruit des choses…  L’imagination est reine.

Une fois de plus, la créativité des participants me fascine.  Dès qu’on vous en donne l’opportunité, le potentiel qui dort en vous ne demande qu’à se réveiller et s’épanouir…


Ils choisissent de dessiner pour la plupart.  Même si Dominique nous gratifie d’une magistrale interprétation de Pays de Charleroi, sans les paroles évidemment, pour aider le groupe à deviner ce qui a été dessiné.

Car là aussi, la consigne est : on ne parle pas, on n’explique rien.  Les autres membres du groupe doivent trouver ce qu’on a voulu dire.  Cela donne des grands moments de rire et de connivence autour des sujets traités.


Les dessinateurs se contentent de confirmer ou d’infirmer la signification des dessins.  Comme Samuel sur cette photo.  Cool and relax comme s’il avait fait ça toute sa vie…

Un seul point commun aux trois groupes : ils aiment la bonne cuisine .

Pourquoi utiliser cette technique ?

Il y a plusieurs raisons :

  1. si je demande aux participants de se présenter aux autres, il y a 99.99999999999% de chances pour qu’ils disent quelque chose comme : je m’appelle Séraphin Lampion, je suis assureur, j’ai 42 ans, j’ai trois enfants, je suis ici pour trouver un boulot.  Cela ne présente aucun intérêt : autant lire la carte d’identité.  Ce qui m’intéresse, c’est la personne qui est derrière la carte d’identité.  Ses goûts, ses dégoûts, ce qui la motive dans la vie, etc.
  2. Ce type de présentation classique suinte vite l’ennui.  Douze présentations de ce genre et c’est le sommeil général garanti avant la dixième…  Aucune dynamique de groupe…  Moi, je veux que ça bouge, que ça vive, que ça rigole, que ça vibre !  Qu’on prenne du plaisir à venir en formation, à se découvrir, à découvrir les autres, à progresser vite sans même qu’on ait l’impression de travailler…  Que le groupe se construise à travers une activité ludique et dynamique.
  3. On ne parle pas, on n’écrit pas, on ne trace pas de chiffre : ce sont des activités qui font appel aux intelligences verbo-linguistique et logico-mathématique, les seules qui soient vraiment valorisées à l’école.  Or, une foule de professions font appel aux autres types d’intelligence : corporelle, musicale, intrapersonnelle, interpersonnelle, spatiale et naturaliste.

Voici une mind map qui présente ces huit types d’intelligences, d’après les travaux de Howard Gardner.

Si vous êtes avocat, l’intelligence verbo-linguistique vous servira sans aucun doute; de même que l’intelligence logico-mathématique fera de vous un excellent comptable.  Mais si je cherche un diplomate, l’intelligence interpersonnelle est beaucoup plus intéressante.  Un couvreur aura plus de chance de rester sur son toit avec une bonne intelligence corporelle.  Un chauffeur poids-lourd avec une intelligence spatiale aiguë aura à peine besoin d’un GPS, etc.

Valoriser ce type d’intelligence, c’est aussi mettre en valeur des capacités dont les participants n’ont pas toujours pleine conscience.  Où dont ils ne mesurent pas l’importance dans certaines professions qui les attirent.

Nous avons poursuivi la matinée sur un exercice plus classique : la présentation en duo.  A ce stade, la confiance est déjà installée dans le groupe et on peut poser des questions plus intéressantes que les habituels âge, profession, etc.

  • Quelles études as-tu faites ?  Qu’est-ce qui t’a plu ou non dans ces études ?
  • Quel était le job de tes rêves quand tu étais enfant ?
  • Et maintenant ?
  • Quel est ton meilleur / ton pire souvenir ?
  • Quelles sont tes attentes par rapport à la profession ?

Et nous avons terminé avec une évaluation des deux premiers jours :  comment les participants se sentent-ils après ces deux matinées ?  Que leur ont apporté les exercices ?  Ont-ils des demandes particulières ?

Demain : suite du bilan de compétences : compétences et qualités ?  J’aime / j’aime pas, etc.

Je vous raconterai…

Atelier Mind Mapping aux Rewics !

Les REWICS ?  Qu’est-ce que c’est que ça ?


Ce sont les Rencontres Wallonnes de l’Internet Citoyen.  Un “Forum de l’innovation sociale de l’ère digitale”.  On y présente toute l’informatique et l’Internet  à destination du non-marchand. Et cette année, les REWICS soufflent leurs dix bougies avec plus de 120 intervenants et partenaires, donc votre serviteur.

J’y anime en effet un atelier sur le thème Organiser ses idées et monter des projets grâce au Mind Mapping“.

Voici le programme de cette animation de 20 minutes :

Je vous y ferai une courte démo : qu’est-ce que le  Mind Mapping  ? (mais les lecteurs de ce blog le savent déjà !).

Ensuite,  je ferai une démo de la gestion de projet avec le logiciel de Tony Buzan, iMindMap, que je vous présenterai plus en détail très bientôt.  Une démo interactive, puisque nous construirons ensemble un projet et nous mettrons en place les outils pour le gérer…

Tout cela en 20 minutes ?  Eh oui, un beau défi en perspective !  Mais avec le Mind Mapping et iMindMap, c’est possible.

Cette année, les REWICS c’est le 17 mars prochain de 9 à 17 heures, à la Géode, Palais des Expos, Avenue de l’Europe, 21 à 6000, CHARLEROI.

Mon atelier commence à 12h20, mais je serai là dès 9 heures pour vous accueillir et vous faire une démo personnelle si vous le souhaitez.

Tout est GRATUIT : l’accès au Forum et aux ateliers ! Profitez-en !

A bientôt ?

Marketing et références culturelles : quand les fantômes vendent des ampoules !

Ici, elle fait rire, là-bas, elle fait vendre ! C’est une publicité thaïlandaise qui a beaucoup de succès.

Une famille passe l’après-midi à picniquer dans un parc.  Voyez la suite…

Le marketing ne peut fonctionner qu’à l’intérieur d’une certaine aire culturelle.  Le Bouddhisme Theravada, pourtant l’école la plus ancienne,  n’a pas eu raison des esprits et fantômes qui hantaient la culture thaïe avant l’importation de cette philosophie religieuse.  On retrouve le même phénomène syncrétique dans le bouddhisme thibétain, encombré de divinités bariolées que l’Eveillé aurait bien été surpris de rencontrer sur sa route.  Des restes d’animisme et d’hindouisme subsistent donc ainsi qu’un culte des ancêtres extrêmement vivace comme partout dans le Sud-Est asiatique.

Mais ces croyances bien ancrées dans la psychologie collective sont autant de leviers que le marketing le plus sophistiqué peut toujours actionner.  Monsieur Sylvania peut dormir sur ses deux oreilles : les fantômes thaïs veillent sur sa prospérité et ne hantent pas ses nuits blanches…

Mind Mapping : se fixer des objectifs personnels

Dans un article tout récent, je vous ai parlé de la méthode des objectifs  SMAART.

Mais comment faire concrètement pour se fixer des objectifs selon cette méthode ?

Voici un exemple d’objectifs personnels réalisés avec une mind map très simple :

J’ai pris l’exemple d’un jeune homme.  Il a les dents abîmées et prend donc comme objectif de prendre rendez-vous chez le dentiste pour soigner les dents qu’il est encore possible de soigner et de remplacer les autres.  Il fixe l’échéance à la semaine prochaine.  L’indicateur sera “des dents saines”.

Au niveau professionnel, il éprouve des difficultés avec le nouveau logiciel de comptabilité.  Il décide de suivre une formation et de maîtriser ce programme pour le 15 avril prochain.

Il est célibataire et voudrait rencontrer une jeune femme.  Il décide donc de fréquenter des sites de rencontre, de sortir en boite et aux concerts, et peut-être de passer par des intermédiaires comme les agences matrimoniales ou des clubs de rencontre.  Il se donne un an.  L’indicateur sera la bague au doigt.

Il se laisse une branche libre pour d’autres objectifs qu’il n’a pas encore définis.

Créer une ou plusieurs branches dont on n’a pas besoin est une technique utilisée en mind mapping afin de stimuler le cerveau et de lui donner envie d’aller plus loin, d’ajouter quelque chose qui n’était pas prévu au programme : un des chemins de la créativité.

Vous voyez :  tout cela est vraiment très simple !

Si vous voulez utiliser cette mind map pour vots propres objectifs, voici un modèle.  Il vous suffit de le télécharger, de l’imprimer et d’y ajouter vos propres branches secondaires, vos mot-clés et vos images pour avoir votre propre mind map “objectifs perso”.

Soyez sympas : envoyez-moi le fruit de vos cogitations.  Je serai ravi de vous envoyer des commentaires et peut-être de publier les meilleures sur ce blog…

Jeunes, informatique et entreprise : un décalage croissant entre offre et demande des compétences (3)

Après avoir passé en revue le statut des jeunes 16-25 ans et leurs pratiques Internet;  aprés avoir comparé leurs compétences informatiques avec les attentes des écoles, des entreprises et de la société en général;  après avoir constaté qu’un décalage important existe entre ces compétences et ces attentes, quelles mesures peut-on proposer afin d’aider ces jeunes à combler ce fossé qui sépare les pratiques ludiques ou sociales du Net des exigences du monde du travail ?

Les jeunes exclus des programmes…

d’inclusion informatique !

Il existe en Belgique, un plan d’action national de lutte contre la fracture  numérique. Ce plan, prévu pour la période 2005-2010, a fait l’objet d’une évaluation intermédiaire en juillet 2007

Il se divise en trois axes qui, tous, s’adressent aux jeunes scolarisés.  Le rapport d’évaluation souligne l’effort vers les publics scolaires défavorisés, mais met aussi en exergue le manque d’outils pédagogiques des enseignants.  Il souligne également “les manques structurels importants souvent constatés en matière d’inscription des ces apprentissages dans les programmes de formation des écoliers et des élèves”.

Ces mesures sont les seules qui s’adressent au public jeune en Belgique.

En Grande-Bretagne, le gouvernement a mis sur pied en 2008 un programme intitulé Delivering Digital Inclusion.  C’est le seul en Europe qui tienne  compte des jeunes en e-exclusion…

Ce plan considère que les groupes à risques sont les jeunes qui ne sont ni à l’emploi, ni en formation scolaire ou qui suivent un enseignement spécial.  Il estime que, sans mesures particulières, ces jeunes seront en difficultés pour communiquer avec leurs pairs, qu’ils manqueront des opportunités de communication et rencontreront des obstacles sur un marché du travail de plus en plus dépendant des nouvelles technologies.

Il recommande donc :

De mieux exploiter les TIC pour les travailleurs sociaux et les éducateurs qui travaillent avec les jeunes.

De renforcer le programme Home Access qui permet l’acquisition de matériel et de connexion à des conditions avantageuses, avec priorité pour les familles comprenant des enfants de moins de 18 ans.  Avec, en complément, un programme d’assistance aux parents.

D’encourager les entreprises à créer davantage de postes d’apprentis afin de donner l’occasion aux jeunes de se familiariser avec l’informatique des entreprises.  De développer en parallèle les industries créatives qui peuvent mieux tirer parti du potentiel créatif de ces jeunes.

Promouvoir un accompagnement individualisé des jeunes qui veulent développer leurs capacités informatiques.

Les autres rapports nationaux mettent surtout l’accent sur les dangers d’Internet (France) ou sur les difficultés d’accès, mais pas d’usage (Suisse, Pays-Bas).

En Belgique, certains rapports préconisent des mesures comme une meilleure utilisation des TICS par les organisations de jeunesse et la promotion par les fournisseurs d’accès de sites de qualité pour la jeunesse.

Un rapport pour le Conseil de l’Europe propose de mieux définir les rôles respectifs des états et des fournisseurs d’accès .  Il suggère aussi d’impliquer les jeunes dans le reformatage de données à destination des jeunes et de leur offrir un soutien spécifique afin de mieux maitriser l’information et les usages TIC de l’école et de l’entreprise.

Les attentes spécifiques des acteurs de terrain

Il faut conscientiser le secteur de l’aide à la jeunesse du besoin d’accompagnement des jeunes afin qu’ils puissent s’approprier les usages informatiques en vigueur dans le monde scolaire et économique.

Les travailleurs sociaux insistent sur la nécessité d’organiser une vaste campagne de sensibilisation auprès des instances responsables de l’éducation et du bien-être des jeunes sur les thèmes suivants :

  • Les déficiences des jeunes en matière d’informatique
  • Les conséquences sur leur développement personnel et social
  • La nécessité d’incorporer la formation des jeunes aux TIC aux missions dévolues à ces instances.

Il faudrait également intégrer ces TIC à la formation professionnelle des intervenants sociaux en contact avec les jeunes.

Lors de la construction de ces modules de formation à destination des jeunes, il faut tenir compte de la dimension sociale et identitaire des usages internet des 16-25 ans afin de remporter leur adhésion et d’y amener un contenu susceptible de les former aux usages plus techniques de l’école et de l’entreprise.

Les infrastructures TIC devraient être incorporées à un environnement qui met les jeunes en confiance et respecte leur vie privée, ce qui ne semble pas être le cas dans les structures classiques. Ces espaces numériques devraient être à même d’offrir un accompagnement personnalisé aux jeunes.

Les médias et les institutions devraient également adopter un discours plus équilibré sur Internet, ses risques et opportunités.

“La valeur ajoutée des TIC pour le développement personnel et les opportunités professionnelles des jeunes doit être mieux mise en avant.”

Les concepteurs de sites web devraient également adapter leur communication aux jeunes (simplification des formulaires, en ligne par exemple).

Mesures et recommandations

Cette étude a démontré que, loin d’être une population homogène, cette classe d’âge 16-25 ans présente une physionomie très diversifiée.

Les mesures proposées seront donc aussi très variées et très spécifiques.

La notion d’off line doit être élargie.  Il y a peu de jeunes vraiment non-connectés, mais les usages et les compétences sont de qualité très variables. Il s’agit de situations individuelles problématiques dans lesquels les structures familiales et les obstacles culturels et/ou cognitifs pèsent davantage que les inégalités socio-économiques.

S’il existe un décalage général entre les compétences informatiques des jeunes et les attentes de l’école et de l’entreprise, c’est d’autant plus vrai pour les jeunes en situation de quasi-déconnexion.

Pour aller au-delà des compétences de base, il faut de la pratique ; pratique qui manque à ses jeunes du fait de la quasi-déconnexion.

Les auteurs de l’étude recommandent donc :


Aux autorités fédérales ou régionales :

D’accorder une place plus importante aux jeunes dans les programmes d’inclusion numérique.

De lancer une vaste étude sur les pratiques numériques des jeunes afin de disposer d’une analyse quantitative suffisamment fine pour développer des actions pertinentes.

De mettre davantage l’accent sur ce qui peut favoriser l’intégration des jeunes dans les espaces numériques.

De ne pas fournir de matériel recyclé aux jeunes dont les usages TIC nécessitent des ordinateurs multimédia.

De promouvoir de vrais « tarifs jeunes », notamment pour ceux qui sont à l’école ou en recherche d’emploi.

Aux responsables de campagnes de sensibilisation à Internet :

D’adopter un langage plus équilibré, mettant en avant les opportunités d’apprentissage et d’intégration pour les jeunes et non seulement les dangers de la connexion.

Aux institutions d’enseignement et de formation

D’intégrer une formation aux TIC dans la formation professionnelle des intervenants sociaux afin qu’ils utilisent de façon pertinente ces ressources technologiques dans leur travail auprès des jeunes.

De promouvoir dans l’enseignement secondaire, les pratiques qui permettront aux jeunes de dépasser les usages exclusivement sociaux et identitaires des jeunes afin de leur ouvrir l’accès au monde du travail.

De faciliter une meilleure convergence entre l’éducation aux médias et la formation informatique dispensée dans les écoles.

Aux services d’aide à la jeunesse :

Utiliser davantage les nouveaux médias dans le travail avec les jeunes.

Sensibiliser les travailleurs sociaux aux usages TIC des jeunes.

Donner aux intervenants sociaux les outils nécessaires afin d’établir avec les jeunes une relation d’échange de connaissances et de savoir-faire et non de tutorat.

Aux organisations de jeunes :

De sensibiliser leurs animateurs aux pratiques de l’internet par les jeunes afin de comprendre leurs usages et de leur permettre d’aller au-delà.

De tirer opportunité de leurs sites web pour encourager les jeunes à produire leur propre information.

Au concepteurs de services en ligne :

De concevoir des liens entre les médias sociaux et les services en ligne afin que l’expérience multitâches des jeunes se transforme en multi-univers.

Aux dirigeants d’entreprises et aux recruteurs :

De tenir compte du décalage entre les usages des jeunes et des attentes des entreprises ; de fournir aux jeunes des formations qui leur permettent de passer de l’un à l’autre.

De mettre en place des dispositifs de communication qui prennent mieux en compte les compétences numériques des jeunes.

Aux journalistes et médias :

D’adopter une position critique face au mythe de la génération des « natifs numériques » qui ne peut qu’accroitre les difficultés, voire le sentiment de marginalisation de certains jeunes.

De participer à la mission d’éducation permanente des médias en travaillant sur la capacité de décryptage de l’information des jeunes et de leurs parents.

Article précédent de la série : cliquez ici.

Jeunes, informatique et entreprise : un décalage croissant entre offre et demande des compétences (2)

Dans l’article précédent, nous avons vu que les jeunes étaient loin d’être tous aussi connectés que ne le pensent généralement les adultes.  Aujourd’hui, nous allons continuer l’exploration de l’étude de la Fondation Travail Université et voir plus en détail quelles sont les disparités entre les pratiques des jeunes sur Internet et, surtout, quel est le décalage existant entre les compétences réelles des jeunes et les attentes des acteurs institutionnels : écoles, aide à la jeunesse et entreprises.

La génération des natifs numériques

Les 16-25 ans forment la première génération née dans le “tout numérique”.  Ils se sont massivement appropriés les nouvelles technologies et certains auteurs les considèrent même comme “hypercommuniquants”, en référence à leur consommation vorace de SMS, MMS, mails, MSN, Google et autres médias sociaux…

Ce phénomène a d’ailleurs attiré l’attention du public et des autorités sur deux dimensions des pratiques numériques de jeunes : d’une part, leur aisance apparemment “naturelle” à évoluer dans un univers mouvant et pluridimensionnel (les “screenagers”), d’autre part sur les dangers supposés (surconsommation, harcèlement, danger d’assuétude aux jeux, etc.) engendrés par une présence quasi-continue en ligne.

Les études concernent surtout les adolescents de 11-18 ans, avec une relative imprécision sur les âges et prennent rarement en compte le statut économique et social des jeunes : on les considère comme des adolescents prolongés sans envisager la transition entre les études et la vie professionnelle.

Cette manière de voir engendre également un biais de taille : en dépeignant la génération des “natifs numériques” comme une masse uniforme de jeunes prodiges des médias, on oublie toute une frange de la population qui vit une réelle exclusion de cet univers numérique.

Mais il est vrai que cette fracture numérique est plus subtile et moins apparente chez les jeunes que chez les adultes.  Ce qui fait la différence se mesure moins en termes d’accès à Internet qu’en termes de pratiques.  Pour pouvoir comprendre ces nuances, il faut distinguer la qualité de l’accès, la forme de l’engagement et les modes d’usage.

Un jeune qui possède une connexion à haut débit dans sa chambre a un autre rapport à Internet qu’un de ses copains qui emprunte l’ordinateur d’un parent ou fréquente un cybercafé… L’utilisation pertinente et maitrisée des TIC suppose qu’on possède des connaissances et compétences cognitives qui ne vont pas de soi.  Les inégalités numériques se superposent alors à des inégalités plus classiques :  sociales, économiques, culturelles.

Une autre inégalité plus subtile encore est que leurs pratiques limitées d’Internet peut les laisser pour compte sur le marché de l’emploi alors qu’ils sont parfaitement insérés socialement…

Cette complexité de la fracture numérique chez les jeunes entraîne les auteurs à parler davantage de “zones de fracture numérique”.

Du côté des acteurs de terrain, on constate que la fracture numérique des jeunes ne fait pas partie des priorités.  Les jeunes totalement offline étant rarissimes, les situations de fracture numériques sont subtiles et concernent très peu de jeunes à la fois : on parle de “situation de quasi-déconnexion”.

Les facteurs de ces situations sont nombreux et varient selon les individus, mais on peut toutefois dégager des tendances lourdes :

  • déconnexion de parents,
  • problèmes familiaux,
  • marginalisation,
  • qualité ou organisation du logement,
  • handicap physique ou mental,
  • barrières culturelles,
  • mise à l’écart de la société (hôpital, prison, etc.).

Ces situations n’expliquent pas tout, car certains jeunes les vivent tout en étant pleinement connectés…  On est donc loin d’un fantasme de déterminisme social…  Si la pauvreté joue un certain rôle, les structures familiales, le niveau d’éducation et le milieu culturel pèsent davantage sur l’e-exclusion des jeunes.

Usage, non-usage et déconnexion

Lorsqu’on examine les usages d’Internet des jeunes, un constat s’impose : la majorité d’entre eux se limitent aux pratiques de base : communication via messagerie instantanée, emails ou téléchargement de films ou de musique.  L’utilisation de services commerciaux et/ou administratifs est nettement plus faible.

Autre surprise : si les services de bases sont utilisés partout à la même fréquence, il existe une forte disparité régionale dans l’utilisation des services spécialisés :

  • lecture de journaux en ligne : 24% en Flandre, 21% à Bruxelles, 14% en Wallonie
  • envoi et réception de courrier électronique : 91% en Flandre, 82% à Bruxelles, 76% en Wallonie
  • recherche d’information sur les biens et services : 76% en Flandre, 57% à Bruxelles, 58% en Wallonie

Mauvaise nouvelle pour la presse : alors que le format papier connait une chute vertigineuse de ses ventes, la relève numérique est loin d’être assurée…

La comparaison avec les pays voisins est encore plus marquée.

Les jeunes Belges achètent peu sur Internet : 70 % des filles de 16-25 ans n’ont jamais rien acheté en ligne pour 64% des garçons…  Soit un total de 67%, comparé aux 25% des Allemands, 44% des Français, 41% des Luxembourgeois ou 27% des Néerlandais.  Voilà qui relativise également nos idées sur le marketing on line…

Une enquête de la Jeugd Onderzoeks Platform de 2006 montre que l’activité Internet des 16-24 ans se concentre essentiellement sur 4 “fonctions” :

  • la détente (téléchargement de musique et vidéo, jeux, blogs, etc.) qui concerne surtout les garçons les plus jeunes ou les moins qualifiés;
  • l‘information (sites culturels, presse en ligne, sites touristiques, de sports, de variété, etc.)  qui est le fait des garçons les plus âgés, les mieux instruits et dont les parents travaillent;
  • la communication (messagerie classique et instantanée, téléchargement musique et vidéo, etc.) est préférée par les plus jeunes, au niveau d’instruction plus faible, dont les parents travaillent;
  • la commerciale (enchères, vente et achat en ligne, sites bancaires, recherche d’emploi, etc.)  est associée à une conjonction de facteurs  : âge, niveau d’instruction du jeune et de ses parents.

Les compétences numériques des jeunes

Une des idées reçues les plus bousculées par ces enquête est la conviction que les jeunes ont un niveau élevé de familiarité avec les NTIC et Internet en particulier.

L’enquête révèle que 36% à peine des jeunes interrogés sont capables de réaliser des tâches élémentaires sur Internet !!!

Ici aussi les disparités régionales sont très marquées mais, souvent à l’avantage des jeunes wallons :

  • gérer un blog personnel : Wallons 35%, Bruxellois 19%, Flamands, 11%;
  • protéger son ordinateur contre les virus : Wallons 46%, Bruxellois 45%, Flamands 36%;
  • poster un message sur un chatroom ou un forum : wallons 65%, Bruxellois 56%, Flamands 45%;
  • échanger des fichiers en P2P (films, musiques, jeux…) : Wallons 37%, Bruxellois 30%; Flamands 22%.

Ce qui relativise pour le moins l’image du jeune passant ses journées à pirater des films ou de la musique !!!

Si on compare les compétences des jeunes 16-24 ans avec celles des autres tranches d’âge, les jeunes sont à peine plus performants que les 25-34 ans pour l’ensemble des tâches de base sur Internet.  La différence se marque surtout pour le chat, l’échange de fichiers et les blogs, toutes activités très connotées “jeunes”.

Une fraction importante des jeunes estime que leurs capacités informatiques sont insuffisantes pour affronter les exigences du marché de l’emploi : 33%.

Beaucoup  déclarent aussi avoir acquis leurs compétences informatiques dans des réseaux informels plutôt qu’à l’école ou dans des centres de formation.  Les disparités régionales sont également très importantes à cet égard, puisque 70% des jeunes Flamands affirment avoir appris l’informatique à l’école, contre 54% des Wallons et 41% des Bruxellois.  Cette différence pourrait s’expliquer par la meilleure intégration de l’informatique à l’école en Flandre et au décrochage scolaire important en Wallonie…

On peut dire, pour résumer, que ce qui distingue les pratiques Internet des jeunes de celles des adultes, est l’importance de l’affirmation identitaire et de la socialisation, à travers médias sociaux et autres messageries.

Ils sont également beaucoup plus à même de réguler leur présence en ligne que l’on ne le croit généralement.  Ainsi, chez les 16-19 ans l’abandon volontaire d’Internet représente la moitié des situations de non-connexion…

Mais si les jeunes réalisent leurs recherches sur Internet plus rapidement que leurs aînés, ils consacrent aussi beaucoup moins de temps à vérifier et critiquer l’information récoltée. Ils recherchent plutôt des réponses spécifiques qu’une interprétation de l’information.

Les conclusions des observateurs sont préoccupantes : ils estiment que l’élargissement des capacités techologiques ne va pas de pair avec une meilleure maîtrise de l’information.  Il leur manque le “bagage critique nécessaire pour interpréter, comprendre, évaluer et gérer cette information”.

Un autre problème détecté est que les normes utilisées pour mesurer les compétences Internet des jeunes sont en décalage avec leurs pratiques.

La formation est aussi en décalage avec les attentes des jeunes : celles-ci sont souvent proposées en groupe alors que les jeunes considèrent l’informatique comme une activité individuelle.  Pour eux, c’est d’abord une expression de soi, comme l’écriture pour leurs aînés…

Plus grave, les acteurs de terrain estiment que l’école et les institutions responsables du bien-être des jeunes ont une perception faussée des compétences réelles des jeunes en matière de nouvelles technologies et donc formulent des attentes disproportionnées ou décalées à leur égard. Les travailleurs de l’aide à la jeunesse sont eux-mêmes peu formés à ces techniques.

Il manque donc une passerelle entre les jeunes, l’école, les institutions et le monde du travail. Des jeunes hypercompétents dans des jeux en ligne sont complètement démunis devant un formulaire d’une agence d’interim ou un horaire de transport en commun.  Les concepteurs de sites ne tiennent pas compte de ces spécificités du public jeune et passent donc à côté de réelles opportunités de communication.

Conclusion

Il vaut sans doute mieux parler de décalage que d’exclusion d’Internet des jeunes.  Décalage entre leur culture et leurs pratiques et les attentes des écoles, des institutions et des entreprises.

Les jeunes en quasi-déconnexion se caractérisent surtout par un usage limité d’Internet.  Ils ne sont pas capables de sortir de cet univers “e-culturel” et de franchir le chemin vers la société de l’information qui résulte de choix économiques et politiques.

Demain : dernière partie de cet article, Les mesures à envisager pour réduire ces zones de fracture numérique des jeunes.

La génération des natifs numériques

Les 16-25 ans forment la première génération née dans le “tout numérique”.  Ils se sont massivement approprié les nouvelles technologies et certains auteurs les considèrent même comme “hypercommuniquants”, en référence à leur consommation vorace de SMS, MMS, mails, MSN; Google et autres médias sociaux…

Ce phénomène a d’ailleurs attiré l’attention du public et des autorités sur deux dimensions des pratiques numériques de jeunes : d’une part, leur aisance apparemment “naturelle” à évoluer dans un univers mouvant et pluridimensionnel (les “screenagers”), d’autre part sur les dangers supposés (surconsommation, harcèlement, danger d’assuétude aux jeux, etc.) engendrés par une présence quasi-continue en ligne.

Les études concernent surtout les adolescents de 11-18 ans, avec une relative imprécision sur les âges et prennent rarement en compte le statut économique et social des jeunes : on les considère comme des adolescents prolongés sans envisager la transition entre les études et la vie professionnelle.

Cette manière de voir engendre également un biais de taille : en dépeignant la génération des “natifs numériques” comme une masse uniforme de jeunes prodiges des médias, on oublie toute une frange de la population qui vit une réelle exclusion de cet univers numérique.

Mais il est vrai que cette fracture numérique est plus subtile et moins apparente chez les jeunes que chez les adultes.  Ce qui fait la différence se mesure moins en termes d’accès à Internet qu’en termes de pratiques.  Pour pouvoir comprendre ces nuances, il faut distinguer la qualité de l’accès, la forme de l’engagement et les modes d’usage.

Un jeune qui possède une connexion à haut débit dans sa chambre a un autre rapport à Internet qu’un de ses copains qui emprunte l’ordinateur d’un parent ou fréquente un cybercafé… L’utilisation pertinente et maitrisée des TIC suppose qu’on possède des connaissances et compétences cognitives qui ne vont pas de soi.  Les inégalités numériques se superposent alors à des inégalités plus classiques :  sociales, économiques, culturelles.

Une autre inégalité plus subtile encore est que leurs pratiques limitées d’Internet peut les laisser pour compte sur le marché de l’emploi alors qu’ils sont parfaitement insérés socialement…

Cette complexité de la fracture numérique chez les jeunes entraîne les auteurs à parler davantage de “zones de fracture numérique”.

Du côté des acteurs de terrain, on constate que la fracture numérique des jeunes ne fait pas partie des priorités.  Les jeunes totalement offline étant rarissimes, les situations de fracture numériques sont subtiles et concernent très peu de jeunes à la fois : on parle de “situation de quasi-déconnexion”.

Les facteurs de ces situations sont nombreux et varient selon les individus, mais on peut toutefois dégager des tendances lourdes :

déconnexion de parents,

problèmes familiaux,

marginalisation,

qualité ou organisation du logement,

handicap physique ou mental,

barrières culturelles,

mise à l’écart de la société (hôpital, prison, etc.).

Ces situations n’expliquent pas tout, car certains jeunes les vivent tout en étant pleinement connectés…  On est donc loin d’un fantasme de déterminisme social…  Si la pauvreté joue un certain rôle, les structures familiales, le niveau d’éducation et le milieu culturel pèsent davantage sur l’e-exclusion des jeunes.

Usage, non-usage et déconnexion

Lorsqu’on examine les usages d’Internet des jeunes, un constat s’impose : la majorité d’entre eux se limitent aux pratiques de base : communication via messagerie instantanée, emails ou téléchargement de films ou de musique.  L’utilisation de services commerciaux et/ou administratifs est nettement plus faible.

Autre surprise : si les services de bases sont utilisés partout à la même fréquence, il existe une forte disparité régionale dans l’utilisation des services spécialisés :

lecture de journaux en ligne : 24% en Flandre, 21% à Bruxelles, 14% en Wallonie.

envoi et réception de courrier électronique : 91% en Flandre, 82% à Bruxelles, 76% en Wallonie

recherche d’information sur les biens et services : 76% en Flandre, 57% à Bruxelles, 58% en Wallonie

Mauvaise nouvelle pour la presse : alors que le format papier connait une chute vertigineuse de ses ventes, la relève numérique est loin d’être assurée…

La comparaison avec les pays voisins est encore plus marquée.

Les jeunes Belges achètent peu sur Internet : 70 % des filles de 16-25 ans n’ont jamais rien acheté en ligne pour 64% des garçons…  Soit un total de 67%, comparé aux 25% des Allemands, 44% des Français, 41% des Luxembourgeois ou 27% des Néerlandais.  Voilà qui relativise également nos idées sur le marketing on line…

Une enquête de la Jeugd Onderzoeks Platform de 2006 montre que l’activité Internet des 16-24 ans se concentre essentiellement sur 4 “fonctions” :

la détente (téléchargement de musique et vidéo, jeux, blogs, etc.) qui concerne surtout les garçons les plus jeunes ou les moins qualifiés;

l’information (sites culturels, presse en ligne, sites touristiques, de sports, de variété, etc.)  qui est le fait des garçons les plus âgés, les mieux instruits et dont les parents travaillent;

la communication (messagerie classique et instantanée, téléchargement musique et vidéo, etc.) est préférée par les plus jeunes, au niveau d’instruction plus faible, dont les parents travaillent;

la commerciale (enchères, vente et achat en ligne, sites bancaires, recherche d’emploi, etc.)  est associée à une conjonction de facteurs  : âge, niveau d’instruction du jeune et de ses parents.

Les compétences numériques des jeunes

Une des idées reçues les plus bousculées par ces enquête est la conviction que les jeunes ont un niveau élevé de familiarité avec les NTIC et Internet en particulier.

L’enquête révèle que 36% à peine des jeunes interrogés sont capables de réaliser des tâches élémentaires sur Internet !!!

Ici aussi les disparités régionales sont très marquées mais, souvent à l’avantage des jeunes wallons :

gérer un blog personnel : Wallons 35%, Bruxellois 19%, Flamands, 11%;

protéger son ordinateur contre les virus : Wallons 46%, Bruxellois 45%, Flamands 36%;

poster un message sur un chatroom ou un forum : wallons 65%, Bruxellois 56%, Flamands 45%;

échanger des fichiers en P2P (films, musiques, jeux…) : Wallons 37%, Bruxellois 30%; Flamands 22%.

Ce qui relativise pour le moins l’image du jeune passant ses journées à pirater des films ou de la musique !!!

Si on compare les compétences des jeunes 16-24 ans avec celles des autres tranches d’âge, les jeunes sont à peine plus performants que les 25-34 ans pour l’ensemble des tâches de base sur Internet.  La différence se marque surtout pour le chat, l’échange de fichiers et les blogs, toutes activités très connotées “jeunes”.

Une fraction importante des jeunes estime que leurs capacités informatiques sont insuffisantes pour affronter les exigences du marché de l’emploi 33%.

Beaucoup  déclarent aussi avoir acquis leurs compétences informatiques dans des réseaux informels plutôt qu’à l’école ou dans des centres de formation.  Les disparités régionales sont également très importantes à cet égard, puisque 70% des jeunes Flamands affirment avoir appris l’informatique à l’école, contre 54% des Wallons et 41% des Bruxellois.  Cette différence pourrait s’expliquer par la meilleure intégration de l’informatique à l’école en Flandre et au décrochage scolaire important en Wallonie…

On peut dire, pour résumer, que ce qui distingue les pratiques Internet des jeunes de celles des adultes, est l’importance de l’affirmation identitaire et de la socialisation, à travers médias sociaux et autres messageries.

Ils sont également beaucoup plus à même de réguler leur présence en ligne que l’on ne le croit généralement.  Ainsi, chez les 16-19 ans l’abandon volontaire d’Internet représente la moitié des situations de non-connexion…

Mais si les jeunes réalisent leurs recherches sur Internet plus rapidement que leurs aînés, ils consacrent aussi beaucoup moins de temps à vérifier et critiquer l’information récoltée.  Ils recherchent plutôt des réponses spécifiques qu’une interprétation de l’information.

Les conclusions des observateurs sont préoccupantes : ils estiment que l’élargissement des capacités techologiques ne va pas de pair avec une meilleure maîtrise de l’information.  Il leur manque le “bagage critique nécessaire pour interpréter, comprendre, évaluer et gérer cette information”.

Un autre problème détecté est que les normes utilisées pour mesurer les compétences Internet des jeunes sont en décalage avec leurs pratiques.

La formation est aussi en décalage avec les attentes des jeunes : celles-ci sont souvent proposées en groupe alors que les jeunes considèrent l’informatique comme une activité individuelle.  Pour eux, c’est d’abord une expression de soi, comme l’écriture pour leurs aînés…

Plus grave, les acteurs de terrain estiment que l’école et les institutions responsables du bien-être des jeunes ont une perception faussée des compétences réelles des jeunes en matière de nouvelles technologies et donc formulent des attentes disproportionnées ou décalées à leur égard.  Les travailleurs de l’aide à la jeunesse sont eux-mêmes peu formés à ces techniques.

Il manque donc une passerelle entre les jeunes, l’école, les institutions et le monde du travail.  Des jeunes hypercompétents dans des jeux en ligne sont complètement démunis devant un formulaire d’une agence d’interim ou un horaire de transport en commun.  Les concepteurs de sites ne tiennent pas compte de ces spécificités du public jeune et passent donc à côté de réelles opportunités de communication.

Conclusion

Il vaut sans doute mieux parler de décalage que d’exclusion d’Internet des jeunes.  Décalage entre leur culture et leurs pratiques et les attentes des écoles, des institutions et des entreprises.

Les jeunes en quasi-déconnexion se caractérisent surtout pas un usage limité d’Internet.  Ils ne sont pas capables de sortir de cet univers “e-culturel” et de franchir le chemin vers la société de l’information qui résulte de choix économiques et politiques.

Jeunes, informatique et entreprise : un décalage croissant entre offre et demande des compétences

Les jeunes de la génération Y sont-ils tous “branchés Internet” ?  Sont-ils mieux préparés aux exigences technologiques croissantes des entreprises que leurs aînés ?

La réponse est beaucoup plus complexe et nuancée qu’on ne pourrait le croire.  C’est l’objet d’une étude que vient de publier la Fondation Travail Université pour le compte du SPP Intégration.

Les auteurs – Périne Brotcorne, Luc Mertens et Gérard Valenduc – y démontrent que, non seulement  tous les jeunes ne sont pas connectés, mais surtout que leurs pratiques d’Internet diffèrent du tout au tout et ne les préparent pas forcément aux exigences des entreprises en matière de compétences informatiques.

1. Ces jeunes, qui sont-ils ?

Les jeunes de 16-25 ans représentent 12 % de la population belge. 62,5 % d’entre eux sont étudiants, 27,5 % travaillent, 6,4 % sont au chômage et 3,6 % sont inactifs non-étudiants.

Du point de vue du statut, on peut distinguer 2 sous-groupes : les 15-19 ans, dont une majorité (90%) est encore aux études – et les 20-24 ans, dont seulement un tiers fréquente les bancs de l’université ou des hautes écoles.

Les disparités régionales sont importantes puisque sur 100 jeunes qui sortent de l’école entre 15 et 19 ans, 63 % de jeunes wallons n’ont pas le diplôme d’études secondaires pour 49 % de jeunes flamands… Pour les jeunes 20-24 ans, la proportion de jeunes ayant un niveau de qualification faible est de 40% à Bruxelles, 26% en Wallonie et 18% en Flandre.

On estime à 10 % les jeunes de 16-25 ans souffrant d’illettrisme. En Communauté française, les 16-25 ans représentent 14% du public des formations en alphabétisation de Lire et Ecrire !

Je trouve cela interpellant : tous ces jeunes sont à peine sortis de l’école et ils ne savent déjà plus lire (ou pas encore !).  Et ce n’est pas par manque de motivation,  puisqu’ils s’inscrivent dans une asbl d’alphabétisation, malgré la difficulté que doit représenter le fait de se dire illettré et d’apprendre avec des adultes qui, pour certains, n’ont jamais été scolarisés ou à peine !  Cela signifie donc que le désir d’apprendre existe, mais qu’il n’a trouvé aucun écho tout au long de la vie scolaire.  Il y a là de quoi se poser de sérieuses questions sur la qualité de notre enseignement et, en particulier, sur l’adéquation entre les pratiques scolaires et l’appétence des jeunes pour l’étude…

2. Quelle est la pratique Internet des jeunes ?

On estime à 4% les 16-24 ans qui n’ont jamais utilisé (2% en Flandre, 7% en Wallonie et 9% à Bruxelles) un ordinateur et à 5% ceux qui n’ont jamais touché à Internet (2% en flandre, 8% en Wallonie et 10% à Bruxelles).

Mais le niveau d’études modifie sensiblement la donne, puisque chez les moins diplômés (pas le secondaire supérieur) ils sont 8% à n’avoir jamais surfé.

Si on examine l’assiduité à Internet, on constate que 75% des jeunes sont des utilisateurs réguliers (presque tous les jours) 16% l’utilisent de manière épisodique (pas dans les derniers trois mois) et 9% ne l’ont pas utilisé dans l’année précédente.

Selon une enquête Statbel (2007), 4 motifs principaux sont invoqués par les jeunes non-utilisateurs sont les suivants :

  • matériel trop cher (51%)
  • Internet pas nécessaire (31%)
  • frais de connexion trop élevés (27%)
  • manque de compétences informatiques (30%).

Pour ce dernier motif, on observe des divergences énormes et inquiétantes : 24% en Flandre, 20% en Wallonie et 68% à Bruxelles !!!

Le domicile reste le lieu essentiel d’utilisation d’Internet pour les jeunes : 92% d’entre eux, avec peu de variation selon l’âge et le statut.

L’utilisation d’Internet sur le lieu de travail varie également selon le niveau d’étude :

  • enseignement supérieur : deux jeunes sur trois
  • secondaire supérieur : un jeune sur trois
  • secondaire inférieur : un jeune sur quatre

L’Internet à domicile est lié à ce que les auteurs appellent une “culture en chambre”, la chambre étant le lieu où de nombreux jeunes passent l’essentiel de leur temps. On compte 61% des jeunes 18-21 ans pour 68 % des jeunes 22-25 ans qui surfent dans leur chambre…

Selon diverses estimations, entre 14 et 22% des jeunes vivent dans des familles non-connectées, les familles monoparentales étant particulièrement défavorisées.

Demain, la suite : les pratiques Internet des jeunes et les exigences des entreprises.

Vous pouvez télécharger le rapport intégral sur le site de la Fondation Travail Université

Mind mapping et gestion de projet : se fixer des objectifs SMAART

Dans mon article précédent, je vous promettais d’autres mind maps et une série sur la gestion de projet.

Dans un autre, il y a quelques semaines, je vous parlais de l’importance de la stratégie dans la recherche d’emploi.

Aujourd’hui, je vous propose une méthode pour définir des objectifs efficaces, des objectifs qui fonctionnent : des objectifs SMAART ?

Jetez un petit coup d’oeil sur cette mind map et ensuite lisez la description ci-dessous et vous verrez que ce n’est pas très compliqué.

C’est une mind map, donc partons du centre : une cible, avec un éléphant.  C’est amusant (et j’aime rire, pas vous ?), mais surtout cela me rappelle l’expression “ne vous mettez pas un éléphant sur le dos!“  Autrement dit, ne mettez pas la barre trop haut, ou vous vous mettrez vous-même en situation d’échec.  Et l’échec répété est un tueur : il tuera votre confiance en vous en très peu de temps ! Donnez-vous donc des objectifs raisonnables.  C’est l’un des points que nous verrons plus en détail ci-dessous…

Objectifs SMAART ? Oui : certains d’entre vous ont déjà entendu parler des objectifs SMART.  Mais dans ce cas, on parle soit d’objectifs ambitieux, soit d’objectifs accessibles. Or, pour moi, les deux sont essentiels.  Pourquoi se priver de l’essentiel quand on peut se le garder ?

Donc,  objectifs SMAART comme :

- Séficiques : vos objectifs doivent être clairs, précis, sans aucune ambigüité, être suffisamment descriptifs pour que quelqu’un d’autre (ou vous dans quelques années) puisse comprendre immédiatement de quoi il s’agit.  Ils doivent être personnels, personnalisés, c’est-à-dire qu’ils doivent vous concerner directement.  En lisant votre objectif, vous devez savoir quel type de résultat vous voulez atteindre.

Formulez TOUJOURS vos objectifs de manière POSITIVE : Je veux pouvoir courir 3 kilomètres tous les matins.

- Mesurables : donnez-vous les moyens de contrôler OBJECTIVEMENT vos objectifs.  Je veux pouvoir courir 3 kilomètres tous les matins. Je veux perdre 5 kilos.  Je veux atteindre 80 % à mon prochain examen.  Je veux une augmentation de salaire de 250 euros par mois.

- Accessibles : dans le même esprit que l’éléphant dans le coeur de cible, ne mettez pas la barre trop haut. Fixez-vous des choses dans le domaine du possible.  Vous ne battrez pas le record du monde de marathon la semaine prochaine, personne ne peut faire ça !  Fixez-vous des étapes, accordez-vous des pauses, aérez-vous le cerveau…  Vous n’êtes pas là pour vous faire souffrir, mais pour prendre soin de vous et vous aimer…

-Ambitieux : si vous ne vous mettez pas un peu de pression, si vous ne vous lancez aucun défi, où est l’intérêt ?  De plus, sans challenge, vous n’aurez pas ce petit surcroit d’adrénaline qui fait qu’on avance plus vite, qu’on ressent l’excitation dans ses muscles et ses neurones.  Bref, vous vous endormirez sur votre décision et dans 5 ans on en reparlera encore… ou bien on n’en reparlera plus jamais.  Dommage, non ?

- Réalistes : vos objectifs doivent être pertinents, tenir compte des circonstances, des ressources disp0nibles, de votre environnement, des lois. Examinez ce qui est à votre disposition.  Vous voulez partir en vacances au Kénya ?  Pourquoi pas ?  Mais vérifiez votre passeport, votre vaccination, les dates disponibles (votre patron acceptera-t-il que vous partiez un 15 avril en plein rush ?), etc.  Si vous vous fixez un objectif irréaliste, vous vous mettez un nouvel éléphant sur le dos…

- Définis dans le Temps : Je veux parler anglais…  Ceci est un voeu pieux.  Je veux pouvoir tenir une conversation courante en anglais dans un an.  Ceci est un objectif.  Si vous ne vous donnez pas d’échéance, vous courez deux risques :

  1. vous précipiter, gaspiller votre énergie en forçant pour arriver très vite à un résultat nul et décourageant (bonjour l’éléphant, que fais-tu sur mon dos ?)
  2. au contraire, prendre votre temps, vous dire qu’il sera encore temps demain, voire la semaine prochaine et donc ne rien faire, jamais…

Mais, ici aussi, soyez réalistes.  Une recherche d’emploi peut prendre 3 à 6 mois facilement, la création d’une entreprise prend un an et souvent plus, apprendre une langue en profondeur exige des années de pratique n’en déplaise à Monsieur Assimil…  Ne soyez pas trop court : vous allez vous décourager.  Ne soyez pas trop long : vous allez vous endormir.  Comme en toute chose l’équilibre est de rigueur.

Dans un prochain article, je vous donnerai un modèle pour vous fixer des objectifs personnels et dans un autre, des objectifs liés à la recherche d’emploi.

A bientôt.


Mind Mapping : créativité, gestion de projet, productivité… Faites un cadeau à votre cerveau !

Vous voulez être plus productif ?  Plus créatif ?  Plus organisé ?

Vous ne vous y retrouvez pas dans vos notes après une réunion importante ?

Vous avez du mal  à structurer vos documents ou vos présentations pour la prochaine réunion d’équipe ?

A toutes ces questions, une réponse unique : le Mind Mapping© !

Vous vous dites sans doute : “il exagère.  Un seul outil ne peut pas faire tout ça…”

Et c’est là que vous vous trompez car, en réalité, on peut même faire beaucoup plus que cela avec une bonne mind map !

Une démonstration valant mieux qu’un long discours (surtout lorsqu’il est question d’outils visuels !) je vous ai concocté une petite mind map ci-dessous que vous pouvez visualiser en plein écran en cliquant sur Fullscreen, vous pouvez la télécharger (c’est un PDF) ou l’imprimer…

Cela vous paraît un peu tordu, tortueux ?  C’a l’est !  C’est exprès !

Les origines

Laissez-moi vous expliquer : le mind mapping a été inventé dans les années 60 par Tony Buzan,  un psychologue anglais qui, tout au long de ses études avait connu des difficultés avec les syllabus dégoulinant d’ennui que l’université de l’époque  fournissait à ses étudiants (ça vous rappelle quelque chose  ?)

Il chercha donc une méthode qui lui permettrait d’étudier de manière visuelle, une méthode qui combinerait le plaisir visuel avec une structure à la fois claire et ordonnée.

Comment ça marche ?

Le Mind Mapping combine tout cela.  C’est une pensée rayonnante qui part du centre d’une page blance, en format paysage et qui s’épanouit vers les bords.

Les branches s’affinent selon le niveau que l’on atteint.  On utilise des mots-clés, un par branche pour permettre des associations libres.

Les images et les couleurs permettent une meilleure mémorisation en stimulant l’imaginaire et les émotions qui aident à fixer les souvenirs.

Tony Buzan affirme que la mind map reflète exactement à l’extérieur ce qui se passe à l’intérieur de votre crâne.   La mind map utilise l’ensemble du cerveau, non seulement les facultés rationnelles, survalorisées dans notre culture scolaire, mais aussi la créativité et les émotions, dans une pratique holistique faisant appel à l’ensemble de l’activité cérébrale.


Un auteur allemand, Peter Weiler, affirme qu’on peut résumer la créativité en quatre mots : “d’abord rassembler, ensuite ordonner”.  C’est exactement ce que fait une mind map : elle nous permet de collecter un maximum d’informations par des associations libres de mots et d’images – un vrai brainstorming – et elle les ordonne en les structurant sur ses branches qui rayonnent selon un ordre logique propre.

Qu’est-ce qu’on peut en faire ?

Ces caractéristiques font de la mind map le support idéal pour toute une série d’opérations : Tony Buzan l’appelle le “couteau suisse de la pensée“.  On peut l’utiliser pour prendre des notes en réunion, pour résumer un livre, pour structurer un article pour un blog (héhéhé, vous me voyez venir ?) ou une présentation, pour gérer un projet – je vous en reparlerai – pour structurer une leçon, pour analyser un projet, pour se fixer des objectifs personnels ou professionnels, etc.

Mon voisin qui est professeur dans le secondaire l’utilise et me dit que la mind map marche extraordinairement bien pour les enfants dyslexiques : les couleurs et la structuration spatiale les aident énormément.  De plus, alors qu’ils sont mal à l’aise avec les longues phrases, les mots-clés et les images leur procurent un support qui leur donne un sentiment de sécurité.

C’est un outil de mémorisation extraordinaire : Tony Buzan est aussi l’organisateur du Championnat du monde de la mémoire…

Personnellement, je l’utilise de plus en plus.  Que ce soit à la main ou à l’aide de logiciels  – comme pour cette carte-ci – que ce soit pour résumer un livre – je suis un lecteur boulimique – ou pour préparer une session de formation, pour structurer un site web ou préparer un catalogue de produits, je n’utilise plus rien d’autre.

Dans mon travail de business coach, je l’utilise afin d’analyser et de suivre le projet des personnes que j’accompagne.  C’est un outil redoutable, sous ses faux airs bonhommes : il ne laisse rien passer.

J’aurai l’occasion de vous reparler de cet outil fantastique.  Je vous prépare une série d’articles… mais aussi des ateliers qui feront largement appel à cette technique et à quelques autres que je vous présenterai bientôt, promis.

Formation gratuite à la recherche d’emploi à Pont-à-Celles

Vous êtes à la recherche d’un emploi ?  Vous habitez Pont-à-Celles ou sa région ?

Alors cette formation est faite pour vous !

J’animerai pour la Sodie une formation en recherche d’emploi avec coaching du 15 mars au 11 juin 2010.

Je vous donne rendez-vous le 8 mars à 14 heures à la Maison de l’Emploi de Pont-à-Celles, place communale, 22 à 6230; Pont-à-Celles, pour vous en dire plus sur ce que nous allons faire ensemble.

En voici déjà un aperçu :

Ateliers en groupe :

  • Bilan personnel
  • Mon projet professionnel
  • Ma lettre de motivation
  • Mon CV
  • Organiser ma recherche
  • Gérer mon stress et mes émotions
  • Chercher un job sur Internet
  • Trouver un stage
  • Comprendre mon contrat de travail
  • Mes entretiens d’embauche : préparation et entrainement
  • M’intégrer dans ma nouvelle entreprise
  • Etc.

Stage :

  • 152 heures sur 4 semaines
  • Dans l’entreprise de mon choix
  • En cohérence avec mon projet professionnel

Coaching individuel

  • Séances de coaching individuel avec un coach professionnel
  • Entretien sur mes besoins spécifiques
  • Conseils personnalisés tout au long de ma recherche d’emploi

Convention avec le Forem

  • Inscription et participation gratuite
  • Indemnité de formation d’un euro de  l’heure
  • Indemnité de déplacement
  • Intervention dans les frais de garderie ou de crèche

Inscriptions et information :

SODIE

04/224.65.36. – 04/224.65.38.

info@sodie.be

www.sodie.be

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